Histoire – Patrimoine

Aiton, de par sa situation au carrefour des vallées, possède une histoire riche. Vous trouverez sur cette page des faits relatant le passé captivant de la commune. Ces textes se basent notamment sur le livre de Jean Prieur « Aux portes de la Maurienne – Aiton ».

Le nom « Aiton »
Les plus anciens vestiges d’occupation
Au fil du temps
L’endiguement
Le prieuré
Jean de Ségovie
Le palais épiscopal
L’église
Les forts d’Aiton
La Résistance
L’école
La vie municipale

Le nom « Aiton »

Jusqu’au XIII­ème siècle, on retrouve dans les textes le nom sous la forme “Eto”, “Etho” et même “Etone” en 739. L’origine du mot est probablement un nom de personne d’origine germanique. “Etho”, éponyme d’Aiton devait être propriétaire d’une maison-forte ou château, là ou sera fondé le prieuré en 1139.

Les plus anciens vestiges d’occupation

La plus ancienne occupation humaine remonterait à l’époque romaine. La Combe de Savoie et les Préalpes ont été conquises par Rome dès 120 avant Jésus-Christ ; la Maurienne en 15 avant Jésus-Christ.

Au fil du temps

Le lointain Moyen-Age est mal connu, faute de documents. Aiton avait sa noblesse établie. Les lieux-dits de la Muraz, la Tour, Beauregard étaient occupés par une maison-forte. A la fin du Moyen-Age, le duc de Savoie affermit son autorité et organise une administration centralisée. En 1450, les habitants d’Aiton recourent au duc Louis de Savoie, demandant sa protection contre les violences et l’oppression du châtelain d’Aiguebelle, résidant dans le château de Charbonnières. En 1768, le roi de Sardaigne-Piémont donne à l’évêque de Maurienne le pouvoir “d’inféodation de la ville d’Aiguebelle avec ses dépendances de Randens et d’Aiton, avec le titre et la dignité de prince pour sa totale juridiction. Ce titre, devenu plus tard honorifique, ne sera abandonné définitivement par l’évêque qu’en 1953.

L’endiguement

Rattachée à la France en 1792 juste après la Révolution, la Savoie retourne dans le royaume de Sardaigne-Piémont entre 1815, à la chute de Napoléon, et jusqu’en 1860. Le grand événement de cette période sarde, en ce qui concerne la commune d’Aiton, est l’endiguement de l’Arc et de l’Isère. La protection contre les eaux de l’Isère et surtout de l’Arc exigeait une surveillance permanente. Les crues étaient parfois catastrophiques. En juillet 1732, l’Arc ensabla les deux tiers des maisons du Plan. Les travaux durèrent de 1824 à 1853. En 1832, on ouvre une nouvelle route entre le Croix d’Aiguebelle et Aiton, avec la construction d’un pont. En 1852, le pont de Grésy est édifié. Avant le diguement, une grande partie de la plaine restait improductive. Un grand changement s’opère grâce aux digues. Si les limites de la commune d’Aiton passent bien au-delà de l’Isère, c’est qu’avant l’endiguement, l’Isère passait sous Fréterive. Le déplacement de son lit au moment du diguement a isolé d’Aiton une partie importante de son territoire. La Savoie est rattachée à la France en 1860, mais cela n’apporte pas de changements notables pour la commune.

Le prieuré

L’endroit où se trouve aujourd’hui le fort d’Aiton, à l’extrémité d’un promontoire dominant la plaine, était un site attrayant pour les communautés religieuses qui essaiment partout au XIème et XIIème siècle. Le prieuré d’Aiton a été fondé probablement en 1060 par les évêques de Maurienne et confié aux chanoines réguliers de Saint-Augustin. En 1259, ils sont remplacés par les moines bénédictins de l’abbaye de Saint-Michel de la Cluse en vallée de Suse, qui possédait déjà, dans notre région, les prieurés de Fréterive, de Montailleur et de La Chambre.

Jean de Ségovie

Né dans la ville de Ségovie en Espagne, il est désigné par le roi Aragon en 1431 comme l’un de ses députés au concîle de Bâle en Suisse. Lors de ce concîle chargé de l’élection du nouveau pape, Jean de Ségovie est le deuxième à recevoir le plus grand nombre de suffrages après le duc de Savoie Amédée VII. Jean de Ségovie est d’abord nommé cardinal, mais non confirmé par le pape Nicolas V, reconnu par toute la chrétienté. On attribue alors brièvement à Jean de Ségovie l’évêché de Maurienne. Il reçoit le titre honorifique d’archevêque de Césarée et le prieuré d’Aiton. L’ancien cardinal semble apprécier l’humble solitude du prieuré d’Aiton. Il meurt en 1458. Jean de Ségovie fut longtemps vénéré comme un saint, sous le titre de « Bienheureux Saint Jean de Calix ». Les gens d’Aiton et des environs venaient l’invoquer en pélerinage, prétendant même qu’une nuit passée devant son tombeau guérissait certaines maladies.

Le palais épiscopal

Les évêques de Maurienne, au temps de leur plus grande puissance féodale, possédaient de nombreux châteaux. Monseigneur Valperga de Masin, évêque de Maurienne de 1686 à 1736, pensa qu’il valait mieux se contenter d’un manoir confortable et bien situé. Son choix se porte sur le promontoire d’Aiton. La construction du château commence en 1694. L’édifice est bâti sur l’emplacement du prieuré. Le palais a été abandonné à la Révolution mais sans être détruit. Il disparaît en 1875 à la construction du fort.

L’église

Lorsque, en 1694, Monseigneur de Masin décide faire construire son palais, l’église paroissiale gêne la vue magnifique. L’église actuelle sera donc érigée à ses frais vers 1700. Bâtie sur une éminence qui permet de l’apercevoir de loin, l’église d’Aiton est dédiée à Saint Laurent, le patron de l’ancienne église, déjà mentionné en 1103 comme protecteur de la paroisse d’Aiton. Les visites pastorales du XIXème siècle signalent l’église d’Aiton comme “une des plus belles et des plus majestueuses du diocèse”.

Les forts d’Aiton

Après le définitif rattachement de la Savoie à la France en 1860, le général Séré de Rivière se préoccupe de la frontière alpine. Les Alpes étant une barrière naturelle, surtout en hiver, il faut se borner à barrer les deux grandes voies de Tarentaise et de Maurienne, d’abord en amont (à Séez et à l’Esseillon près de Modane), mais surtout à leur débouché. Au débouché de la Maurienne, on construit de 1875 à 1884 les forts d’Aiton, de Montperché et de Montgilbert, avec des batteries et des blockhaus. Achevé en 1880, le fort d’Aiton comprend une garnison de 350 hommes sur près de 2 hectares. En temps de paix, le fort n’a pas de garnison. Il sert de dépôt de mines et de poudre. Au début de la Première Guerre Mondiale, des troupes arrivent en renfort à Aiton avant que l’Italie ne se rallie à la France en 1915. Dès lors, les troupes quittent les lieux. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le fort est en mauvais état, mais est occupé successivement par la milice, les Allemands et le maquis.En 1962, le centre disciplinaire de l’armée française est installé au fort d’Aiton. Très controversé, il est dissout en 1972. La commune d’Aiton achète le fort en juin 1986.

Le fort de Montperché, achevé en 1881, est situé sur trois communes, Bonvillard, Bonvillaret et Aiton. La capacité est de 592 hommes. Pourtant, à l’exception de quelques mois en 1914, il restera toujours vide. Ce n’est qu’à partir 1948 que le fort servira de centre d’accueil pour les enfants de l’action sociale des armées. Jusqu’en 1972, ce sont près de 5000 enfants qui fréquenteront le fort lors des colonies d’été. Le fort est vendu en 1979 et devient une propriété privée.

La Résistance

En 1943 et 1944, la situation est tendue. Aiton connaît les faits divers de la Résistance. Le soulèvement s’organise notamment dès le début de l’été 1944. Divers événements montrent l’activité des Aitonins. Des représailles touchent en retour la population. Suite au débarquement allié sur le front de Provence, les Allemands se replient et passent par Aiton les 21, 22 et 23 août 1944 se dirigeant vers Modane. De nouvelles représailles sont sanglantes lors de ce repli.

L’école

Le premier instituteur de la commune date de 1800. A partir de 1830, on retrouve quatre écoles à Aiton dans les hameaux de Montgrepon, du Villard, du Plan et de Gros Chêne. En 1851, la municipalité aménage un bâtiment non loin de l’église en école temporaire de filles. En 1860, elle deviendra l’école mixte de la commune. Les autres écoles sont supprimées à l’exception de celle de Gros Chêne. Ce local étant trop petit, un nouveau bâtiment est construit en 1864. En 1872, il y a 102 garçons et 92 filles d’inscrits. Il y a alors cinq instituteurs à Aiton : quatre au chef-lieu et un à Gros Chêne. En 1890, deux écoles sont construites au Plan et au Villard.

Le groupe scolaire réunissant toutes les écoles est ouvert en 1991. Un deuxième bâtiment s’ajoute à la rentrée de septembre 2008.

La vie municipale

Jusqu’à la Révolution, la commune est administrée par les syndics, élus par les communiers. Au rattachement de la Savoie à la France en 1792, Aiton connaît son premier maire en la personne de Claude Etellin. Avec la restauration sarde en 1815, réapparaissent les syndics. Le retour à la France en 1860 ramène de façon définitive les maires. Jusqu’en 1965, les élections municipales se déroulaient dans deux bureaux de votes séparés. Un pour le haut élisait cinq conseillers et un pour le bas élisait six conseillers. En conséquence, le maire était presque obligatoirement du bas. En 1971, un regroupement s’effectue et il n’y a plus qu’un bureau de vote.

 

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